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ILS ONT ECRIT….sur le thème de la langue et de l’exil….

IFCHRINE 

C’était un jour comme les autres. Les nuages me semblaient identiques à ceux de la veille, les filles riaient bêtement entre elles, les garçons se chamaillaient et moi, j’étais toujours là, donnant l’impression de rêver. Pourtant, j’étais bien présente. J’observai la cour.

Il est arrivé. Il était différent, par ses vêtements, des autres élèves. Il portait un énorme chapeau mexicain, qui cachait une chevelure gominée, à l’italienne. Son costume, traditionnel, arborait les couleurs africaines. Son visage était maquillé à la poudre de riz et, ses yeux soulignés d’un trait de khôl.

Il était là, au milieu de la cour, immobile dans le flot des collégiens. Je le repérai tout de suite. Je n’étais pas la seule : un groupe s’était formé autour de lui. Samuel, le meilleur ami de Natacha, un grand blond aux yeux bleus alors que cette dernière, petite pour son âge, avait des yeux foncés, Kamel, rigolo et toujours joyeux, accompagné de Fifi qui, au contraire, était toujours de mauvaise humeur. Tous les quatre étaient des élèves de ma classe.

Ils ont entouré l’étrange garçon, ils lui parlaient, mais il ne semblait pas les comprendre. Soudain, la cour se mit à bruisser de langues : anglais, espagnol, arabe…..

Voici ce qui arriva.

Je regardai faire mes camarades, lorsque Kamel proposa au nouveau :

-        Allez ! On va boire un café chez Luigi.

Il sourit à Kamel et commença à le suivre.

« Café » ! Un mot qui existe dans toutes les langues ! Un mot universel !

Mais bon…cela ne s’est pas tout à fait passé comme ça !

Le nouveau ne répondait à aucune sollicitation. Il était là, toujours immobile et regardant vers l’ouest, puis vers le soleil. Il ferma les yeux, et, deux grosses larmes coulèrent lentement sur sa joue.

C’est alors que Natacha l’apostropha avec son air provoquant :

-        Pourquoi tu ne réponds pas ? As-tu peur ? Remarque ….ça se comprendrait pour un petit nouveau !

Soudain, Mr Starling, notre Principal, apparut, mécontent de notre attitude. Il regarda le garçon et s’adressa à lui en langage des signes. Il était donc muet !

C’est une bien triste histoire n’est-ce pas ?…..Vous m’avez crue hein ? Eh bien….

Je me suis approchée, et suis entrée dans le cercle. Tout le monde s’est tu. A l’époque, j’étais très solitaire, si bien qu’ils furent surpris par mon intrusion et me laissèrent passer. L’étrange garçon se mit à parler une langue que je ne comprenais pas mais, petit à petit, les mots prirent sens.

-        Comment t’appelles-tu ?

Je restai interdite. Il parlait notre langue….et il s’adressait à moi ! Je lui répondis donc.

-        Ifchrine, ravie de te connaître.

Deuxième étonnement ! Je parlai une autre langue !

Depuis longtemps, j’étais rejetée et je comprenais enfin pourquoi. Je n’étais pas comme eux, j’étais différente, j’étais comme ce garçon. Une langue nouvelle était enfermée en moi, prisonnière….une langue merveilleuse que seuls nous deux comprenions.


Si c’était si simple, je le saurais

Hier. 17h30.

Circonstances: En voiture. Je vais récupérer les enfants à la montagne, après une journée d’interrogations et de déménagement. Eh oui…les deux sont compatibles.

Il a plu toute la journée ou presque. Le soir tombe. Je roule. Un peu vite. Robert Plant, « The sea of love », « Darkness », en boucle.

Soudain, au détour d’un virage, la montagne eneigée surgit devant moi, palpable, si proche. L’émotion m’envahit, me dévore le ventre, délicieusement. Je replonge en enfance. Pas dans les souvenirs, non, dans un tourbillon qui m’ancre sur cette terre où je suis née. Je ralentis un peu, ouvre la vitre pour sentir l’air du soir naissant, je suis heureuse. Je le sais.

 Puis, au détour d »un autre virage, surgit le lac que j’ai choisi de longer. J’aime les chemins de traverse, je ne suis pas pressée. Trop d’émotions et de choses à rêver. Les vignes, les arbres et la lumière dorée qui filtre des nuages. « Come with me, my love, to sea, the sea of love, I wanna tell you, how much, I love you…. »chante une des plus belles voix des années 70.

Je n’ai pas envie de reprendre pieds. Je suis emportée et ce coeur dessiné sur le sable emplit la montagne de ses désirs, de son amour.

 

 

 


RESOLUTION DE RENTREE

Je vais m’acheter des baskets.

Non, je n’en ai pas!

Je sais que cela pourra en surprendre plus d’un, mais j’ai horreur de ça…c’est laid et je n’en ai aucune utilité. Pour faire du sport, j’enfile des bottes….

Bref, ils en on tous et courent plus vite que moi. C’est un sacré handicap. Il a déjà fallu que je renonce aux talons hauts, ils m’entendent venir de loin. Et parfois, jouer la surprise est un atout.

 Aujourd’hui, j’ai dû poursuivre J et O…

…oui, le professorat pourrait me préparer à l’épreuve de fond des jeux olympiques! Monter et descendre plusieurs fois les escaliers, crier (me suis fait traiter de « tête de »!. L’heure d’après le prof suivant s’est vu ajouter le qualificatif que l’élève devait chercher sans le trouver: « bite »), expliquer, convaincre, consoler, comprendre…et la journée n’est pas finie!

Non, atelier métiers avec les incorruptibles, les futurs Tony Montana, les ceux qui s’expriment par claquement de langue et haussement d’épaules, regards noirs et provocants, j’ai le privilège d’être leur professeur principal….

Oui, faut que je m’achète des baskets….

 


SAEZ Jeunesse lève-toi

 Je l’Je l’attendais avec impatiente, étais éventuellement un peu inquiète: a-t-il cessé de coJe l’attendaisquiète: a-t-il cessé de composer? Non. Surprise en écJerope 2). Son nom, sa voix, ses textes, tragiques et lumineux comme je les aime.
Allez sur You tube, tapez Saez « Jeunesse lève-toi », un pur moment de bonheur.  
 

Comme un éclat de rire vient consoler tristesse

Comme un souffle avenir vient raviver les braises

Comme un parfum de souffre qui fait naître la flamme,

Jeunesse lève-toi.                                                                                        

Contre la vie qui va qui vient puis qui s’éteint

Contre l’amour qu’on prend qu’on tient mais qui tient pas

Contre la trace qui s’efface au derrière de soi,

Jeunesse lève-toi.

Moi contre ton épaule je repars à la lutte

Contre les gravités qui nous mènent à la chute,

Pour faire du bruit encore à réveiller les morts,

Pour redonner éclat à l’émeraude en toi ;

Pour rendre au crépuscule la beauté des aurores,

Dis-moi qu’on brûle encore, dis-moi que brûle encore

Cet espoir que tu tiens parce que tu n’en sais rien

De la fougue et du feu que je vois dans tes yeux…

Jeunesse lève-toi.

Quand tu vois comme on pleure à chaque rue sa peine,

Comment on nous écoeure perfusion dans la veine,

A l’ombre du faisceau mon vieux tu m’auras plus !

Ami dis quand viendra la crue ?

Contre courant toujours sont les contre-cultures,

Au gré des émissions leurs gueules de vide-ordures…

Puisque c’en est sonné la mort du politique

L’art est aux rêves, aux utopiques…

Pour faire nos ADN un peu plus équitables,

Pour faire de la poussière un peu plus que du sable,

Dans ce triste pays tu sais un jour ou l’autre

Faudra tuer le père, faire entendre ta voix !

Jeunesse lève-toi.

Au clair de lune indien toujours surfer la vague

A l’âme au creux des reins faut aiguiser la lame,

Puisque ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre

De ton triste sommeil je t’en prie libère-toi ;

Puisque ici il faut faire des bilans et du chiffre

Sont nos amours toujours au bord du précipice,

N’entends-tu pas ce soir chanter le chant des morts,

Ne vois-tu pas le ciel à la portée des doigts ?

Jeunesse lève-toi.

Comme un éclat de rire vient consoler tristesse

Comme un souffle avenir vient raviver les braises

Comme un parfum de souffre qui fait naître la flamme

Quand plongé dans le gouffre on sait plus où est l’âme ;

Jeunesse lève-toi.

Contre la vie qui va qui vient puis qui nous perd

Contre l’amour qu’on prend qu’on tient puis qu’on enterre

Contre la trace qui s’efface au derrière de soi,

Jeunesse lève-toi

Jeunesse lève-toi.

Damien Saez, Jeunesse lève-toi


BREVES DE CLASSE…elles sont trop belles!

N : C’est le moustachu à lunettes qui a inventé le racisme.

J : – Vous écrivez vite au tableau Madame ! Vous en avez un chez vous ?

-        Non ! Pourquoi faire, je n’ai pas d’élèves à la maison !

-        Ben pour vous entraîner !

L : Je suis en quatrième et j’ai treize ans. Si je veux arrêter l’école en troisième, il faut que je redouble ?!

 


SEPT

Ils sont sept, parfois huit, cinq ou bien quatre. Cela dépend de l’heure mais surtout d’événements annexes. Moqueries blessantes, état d’esprit, endroit trouvé pour passer la nuit, convocation chez les flics….

Alors, leur demander de travailler relève souvent de la gageure la plus improbable. Mais c’est la pari et nous le tiendrons. Tout l’année. Sans faillir.

 


SANS

L’esprit humain est insondable.


GRATIN QUAND TU NOUS TIENT….

Le poste que j’occupe cette année, m’amène, de temps en temps, à fréquenter le gratin de notre institution.

Ce fut le cas mercredi matin, où je fus conviée, en lieu et place de ma pricipale, à une réunion avec l’inspecteur d’académie, afin de faire le bilan des projets culturels des collèges du département.

Nous étions deux enseignantes seulement: la coordinatrice Zep de mon collège et moi-même.

Notre inspecteur a bien sûr introduit la séance par un discours de politique pure: il venait de rencontrer notre ministre.

La teneur de ce discours était que le ministère, plus que jamais, demandait aux chefs d’établissements de mettre l’accent sur les pratiques culturelles et artistiques afin d’ouvrir au monde nos élèves. Développer les partenariats avec les structures de la ville, travailler avec des professionnels…

Cela m’a interrogé car, le matin, notre collègue d’arts plastiques était entrain de prendre connaissance des nouveaux programmes: suppression, par exemple, en musique, de la pratique d’un instrument.

Première contradiction, et il y en eut d’autres. Comme la réduction progressive mais nette des subventions pour les projets culturels. Cela n’a aucunement dérangé notre inspecteur d’académie….Il s’est solennellement levé après l’intervention d’un chef d’établissement un  peu moins conventionnel que les autres, pour nous dire qu’il représentait l’état et qu’il se devait au nom de ses valeurs, à nous remettre à notre place de chefs sages et obéissants.

Ma collègue et moi n’étions pas chefs, mais cela, je crois, il ne le savait pas. Pour une fois, je me suis tue. Je l’avais décidé avant de me rendre à cette réunion édifiante, j’ai tenu parole. Mes rapports avec l’institution ne sont en ce moment pas très bons….et je ne me sentais pas à ma place.

Hier toute la journée, réunion avec notre principale, notre principal adjoint, et les deux inspecteurs qui chapeautent notre réseau ambition réussite.

La matinée s’est normalement déroulée, rien à dire.

L’après-midi, ce fut autre chose. Conseil d’enseignement de lettres. Equipe au complet. Mauvaises ondes: on ne nous aime pas. Pourquoi? Nous l’ouvrons justement.

Enfin, nous en sommes ressortis en ayant clairement à l’esprit quelle devait être notre façon de travailler désormais:

Si nous n’avons pas le temps de nous réunir: communiquez par mail, ou visio-conférence, c’est pratique et très convivial! Pour travailler ensemble il n’est pas forcément nécessaire de se concerter…..de vive voix.

 Tout choix de matériel ou de livre doit se justifier qualitativement et quantitativement. C’est dire que nous avons tendance à choisir n’importe quels livres pour nos élèves, du matériel superflux, et que, pédagogiquement, on ne nous fait aucune confiance, malgré toutes les inspections dont nous avons été l’objet ces trois dernières années.

Nous devons apprendre à évaluer notre travail en sus de celui de nos élèves. Et pondre des rapports bien entendu! Utilisables par nos inspecteurs, bien sûr!

Nous sommes responsables du choix des noms que nous donnons à nos classes et à l’extérieur, cette année, sommes passés pour des guignols. Déjà que nous sommes mal vus, n’en rajoutons pas s’il vous plaît!

Là, j’ai commencé à sentir la moutarde me monter au nez. J’ai demandé, mais cela n’a pas été entendu, pour quelle raison ces choix avaient été entérinés par l’administration.

Devant le silence de cette dernière, il a fallu que je devienne plus explicite: « Vous nous demandez, le 3 Juillet, de nous réunir pour choisir les noms des classes. Nous sommes fatigués, énervés, et sommes une quinzaine en salle des profs à nous y ateler. Donc, nous délirons, nous défoulons, et proposons des noms certes farfelus, mais que vous acceptez.  Ce travail n’est, normalement pas de notre responsabilité et vous osez nous le reprocher? »

Me suis levée et suis partie. Mais la réunion était terminée…

 

 


LUTTE DES CLASSES: savoureux!

Le billet de Robert Solé, in le Monde, cette semaine.

« L’école primaire pourrait s’enrichir d’une réforme supplémentaire. Le haut Conseil de l’éducation suggère une nouvelle nomenclature des classes : n’est-il pas bizarre que « la dernière année du cycle des apprentissages fondamentaux soit appelée cours élémentaire première année (CE1) ou que la première année des approfondissements soit appelée cours élémentaire deuxième année (CE2) » ? Le ministère en convient, mais attend des propositions.

Le plus simple serait de revenir à la numérotation de jadis : onzième, dixième, neuvième…et de faire la jonction avec le collège, en sixième. Mais il faut du neuf et de l’original. On pourrait imaginer une progression par couleur : noir en maternelle, bleu foncé en CP, vert bouteille en CE1…laissant l’horizon se dégager, peu à peu jusqu’au bac blanc.

Mieux encore et plus pédagogique : une nomenclature avançant par siècles et par grands hommes. On apprendrait par exemple l’addition et la soustraction en classe charlemagne, la règle de trois en Louis XIV, les logarithmes en Napoléon, les 35 heures en Jospin et leur suppression en Devedjian »


VIVRE, PUIS L’ECRIRE

Elle marche, tourne, vire, regarde, mentalise. Ne pas se laisser gagner par l’appréhension, éviter la peur qui pourrait monter et la paralyser.

Une petite pleure. Petite justement, trop pour parvenir à gérer une situation qui lui échappe. Le vivant, c’est imprévisible.

Elle se promet de le cadrer, de ne pas le laisser déborder, mais elle sait aussi qu’il faut bien qu’il s’exprime. L’autre s’est exprimé d’ailleurs, et la petite pleure toujours.

L’envie continue de la tarauder, plus forte que la peur. Elle la jugule la peur, refuse de  n’être encore qu’une spectatrice, elle veut agir. Sentir l’adrénaline et s’envoler.

C’est à elle. Alors, elle ne se pose aucune question et démarre, même si elle ne maîtrise pas tous les paramètres. Qu’importe ! Elle a confiance en lui. Elle sent qu’il est prêt, qu’il ne rechignera pas. Cela la rassure et l’inquiète tout autant.

C’est cela son problème. L’imagination, la catastrophe anticipée, les refus et les dérobades, avoir mal et ne plus se relever. Ou pire, ne rien sentir du tout. Plus jamais.

Mais aujourd’hui, elle n’y pense pas. L’envie de s’envoler domine la crainte de rester à terre, définitivement.

Elle sait que tout le monde la regarde, mais elle, elle ne voit rien. Elle ne les voit plus. Ne les entend plus. Au départ, elle avait le choix, et elle est restée là, dans l’attente de ce qu’elle allait ressentir. Elle n’avait encore rien décidé. D’ailleurs, il avait fini par lui demander si elle voulait se joindre à eux, ayant compris que sa seule présence n’était pas une réponse suffisante. Ils étaient huit, elle était la seule à qui la question avait été posée. Et elle avait acquiescé.

Une bouffé d’existence s’était alors emparé d’elle, elle s’était sentie en harmonie avec ce corps chaud et palpitant. Il le savait, avait compris. Pourtant, c’était la première fois. Elle s’était toujours abritée derrière des alibis plus ou moins valables : pas aujourd’hui, je ne le sens pas, il a l’air fatigué, comme si elle laissait entendre qu’un autre jour, oui, sans doute, elle s’élancerait. Mais cet autre jour avait duré six ans, et aujourd’hui elle avait décidé de passer à l’acte.

Annihiler tous ses blocages, qu’il sente qu’elle le désire vraiment et qu’il n’y a aucune place pour le doute ou l’hésitation. Télépathie des corps, du moindre souffle, du moindre regard, du plus infime mouvement.

Elle est avant dernière et bien qu’elle ait laissé s’élancer tous les autres avant elle,  sa réussite dépend de son aptitude à prendre sa place. Etre dernière pourrait être la porte ouverte à d’autres alibis.

Elle se positionne, lui insuffle de sa force et ils épousent le même mouvement. Elle regarde loin, très loin, et ils s’élèvent jusqu’à ce point qui n’existe pas : ni sur terre, ni totalement dans les airs. Une hauteur qui leur appartient et qu’ils ont décidé d’atteindre car ils savent qu’eux seuls participent à cette magie qui naît de leur seule volonté d’y accéder ensemble. Alors, ils recommencent : deux fois trois fois, quatre, puis cinq puis six. Le rythme dès lors s’accélère et le temps n’existe plus, ni la conscience de savoir où ils vont. Ils y vont, c’est tout.


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